Éco-Corridors Laurentiens, un organisme qui inclut la nature et le citoyen.


Le projet a germé il y a un an, alors que des membres de trois organismes se lançaient dans le projet, à commencer par Nicole Fafard, de TerraVie. D’ailleurs, l’idée de créer un corridor dans la région découle de Mme Fafard.

Formé de 14 membres provenant de différents organismes de conservation de la nature, le comité provisoire a annoncé, lors de son assemblée de préfondation, la mise sur pied éventuelle de son organisme régional qui portera le nom d’Éco-Corridors Laurentiens. Ce regroupement s’occupera du développement des nouvelles aires naturelles protégées de la région.

Ce dernier qui s’étendra de la rivière des Milles-Îles à l’Abitibi-Témiscaminingue, n’est pas le seul à exister. Il ressemblera à quelques exceptions près à celui de l’Estrie, appelé Apalichien. Celui-ci est d’ailleurs basé sur un modèle des États-Unis.

Sa mission

Éco-Corridors Laurentiens aura pour mission de multiplier les aires protégées en travaillant avec les acteurs du milieu. «Dans la région, il nous manque un point de chute; on a beau poser des gestes, mais on ne sait pas à qui parler quand vient le temps de mettre ses actions en oeuvre», explique Pierre Valiquette, du Réseau des milieux naturels protégés.

Au cours d’une rencontre, «des personnes d’une entreprise touristique possédant 10 hectares de terre qu’elles ne voulaient pas toucher nous ont approchés et nous ont demandé à qui elles devaient s’adresser. Le souhait de cette compagnie était que quelqu’un d’autre s’en occupe puisqu’elle ne voulait pas toucher à ce milieu naturel, explique Gilbert Tousignant. Malheureusement, on n’avait pas la réponse à leur question», poursuit le membre du Comité régional pour la protection des Falaises.

Le comité provisoire n’a pas cessé de mentionner au cours d’un entretien avec les journalistes qu’il veut être «inclusif», c’est-à-dire impliquer plusieurs types d’acteurs dans la conservation de la nature des Laurentides en ciblant d’abord les citoyens et les municipalités. «Mis à part différents groupes gouvernementaux, il n’y a aucun interlocuteur du côté de la conservation, estime Pierre Valiquette. On sera là, nous», affirme-t-il.

Pour sa part, monsieur Tousignant assure que «le comité ne prendra jamais position sur quoi que ce soit. On va plutôt éclairer les propriétaires de ces territoires en se servant de nos expertises», soutient-il.

La vision

La création du nouvel organisme de conservation de la nature arrive au bon moment, alors qu’«il y a une pression démographique et d’urbanisme dans les Laurentides. Les gens quittent Montréal pour venir habiter ici, déclare François Trudeau, membre du comité et représentant du Regroupement des usagers non motorisés de sentiers des Laurentides. On s’aperçoit que beaucoup de zones clés disparaissent parce qu’elles se transforment en développement résidentiel», poursuit-t-il.

Monsieur Trudeau, se disant lui-même adepte des sentiers, croit que le développement immobilier peut parfaitement s’allier avec la conservation naturelle. «C’est le cas notamment en Estrie où Conservation de la Nature du Canada, différents organismes locaux ainsi que le gouvernement s’assoient à la même table avec un entrepreneur immobilier pour discuter et trouver un terrain d’entente afin de satisfaire les trois partis. Construire à proximité d’une zone protégée peut faire augmenter la valeur du terrain», estime-t-il.

La population interpellée

C’est lors d’une activité organisée dans la région, l’hiver dernier, que Gilbert Tousignant et Pierre Valiquette se sont aperçus à quel point les résidents laurentiens avaient à coeur leur environnement.

«Cette journée-là, on s’est vraiment rendu compte que la population se préoccupait de la conservation de son environnement, pendant une rencontre en avril dernier, à Piedmont. Une cinquantaine de personnes s’était réunie alors qu’on en attendait environ 25, déclare monsieur Tousignant. C’est à ce moment qu’on a formé un groupe de travail pour créer l’organisme», mentionne-t-il.

Prochaines étapes

Éco-Corridors Laurentiens est en attente pour obtenir son statut légal d’organisme à but non lucratif (OBNL). Par la suite, les membres du comité provisoire devront élire un conseil d’administration lors de la première réunion qui se tiendra en mars prochain. Après ces étapes, les membres élus pourront se mettre au travail.

 

auteur : David Richer, Accès Laurentides

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